TOUS LES JOURS UNE HEURE À UNE HEURE
Mais quelle tâche amère, désespérée ,celle d’être un musicien d’hommes et de composer par-delà la boue , la mitraille et le desespoir, ce chant que nous avions cru impossible ,le chant qui rejoindrait la cime des arbres et la terre rendue à ses enfants . Julio Cortazar Tous les feux le feu
LUNDI
How wolves became dogs Sukitoa O Namau, électroacosuticienne, performeuse marocaine.
Ce n’était pas une hallucination cette fois, il me suffisait de penser à toutes ces années que nous avions vécues si proches l’un de l’autre, partageant la politique, les femmes et les livres, nous retrouvant tous les jours à l’hôpital ; chacun de ses gestes m’était si familier, et ses gestes n’étaient pas seulement les siens, ils s’étendaient à tout mon monde d’alors, à moi-même ; à ma femme, à mon père, ils s’étendaient à mon journal et à ses articles ampoulés, à mon café de midi avec les médecins de garde, à mes lectures, à mes films et à mes idéaux.
MARDI
Hunger dong nov 16
...ces gens-là ne pouvaient accepter une mutation qui mettait à nu les motifs véritables de leur pitié, facile et sur commande, de leur charité bien ordonnée et orchestrée, de leur dévouement pour ceux de leur caste, de leur antiracisme de salon, de leur catholicisme avec dividende et fêtes carillonnées, de leur littérature molle, de leur folklore avec bol à maté cerclé d’argent, de leurs réunions de ministres à genoux, de leur stupide agonie, inévitable à plus ou moins longue échéance.
MERCREDI
DÉRIVES : un vieux montage improvisé sur une vieille table de mixage de canal sud avec de vieux supports dont certains disparus : deux lecteurs cassettes, deux lecteurs minidisc, deux lecteurs cd et deux platines tourne disc et un micro.
Autour du vinyl polyphonix.
JEUDI
Un collage d’ Alexandra Baraille qui ne vieillit pas.
404 étendit son bras gauche et chercha la main de Dauphine,effleura à peine la pointe de ses doigts,vit sur son visage un sourire d’espoir incrédule et pensa qu’ils allaient arriver à Paris, qu’ils prendraient un bain, qu’ils iraient ensemble où elle voudrait, chez elle ou chez lui, pour prendre un bain, manger, prendre un bain interminablement, manger et boire,et qu’après il y aurait des meubles, une chambre avec des meubles et une salle de bain avec mousse de savon et rasoir, et des cabinets,de la nourriture,des cabinets et des draps. Paris c’était des cabinets et des draps et l’eau chaude sur la poitrine et sur les jambes, et des ciseaux à ongles et du vin blanc,ils boiraient du vin blanc avant de s’embrasser,ils sentiraient la lavande et l’eau de Cologne, avant de se connaître pour de vrai en pleine lumière,entre des draps propres (...)
VENDREDI
Tous les feux le feu Julio Cortazar
Et sur l’antenne de sa radio flottait follement le petit drapeau à croix rouge et l’on roulait à quatre-vingts à l’heure vers les lumières qui se rapprochaient peu à peu, sans que l’on sache bien pourquoi tant de hâte, pourquoi cette course dans la nuit entre autos qui ne se connaissaient pas, où personne ne savait rien des autres, où tout le monde regardait fixement de l’avant, exclusivement de l’avant
SAMEDI
DIMANCHE
PI autour du film PI
avec les musiques originales du film de Clint Mansell , squarepusher, illusion of safety, orbital, autechre
