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occuper la nuit du 30 au 5 avril 25

publié le 29 mars, par bidonfumant / Temps de lecture estimé : 8 mn /

TOUS LES JOURS UNE HEURE À UNE HEURE

Pas l’habitude de tirer sur les ambulances et les corbillards, mais tout de même , mourir a l’air de sacrément arrondir les angles et de ne plus poser les questions qui fâchent.
Vivement le mien pour que je sache comme j’étais parfait.
Par exemple Badinter et son étrange silence durant l’affaire Papon...
Et oublier que c’est sous le gouvernement Jospin que le premier charter est parti de France et qu’il y a eu le plus de nationalisation( Mélenchon en était un des ministres mais c’est avant qu’il soit classé gauchiste, la plaisanterie...).
En prime une tribune de Dodier Eribon dans blast

Des nouvelles des nouveaux chiens de gardeDidier Eribon

L’actualité électorale nous a offert, par un effet de miroir grossissant, une magnifique illustration de la manière dont fonctionne le champ médiatique français, notamment quand il s’agit de combattre la gauche (je veux dire  : la gauche de gauche).

On se souvient que, pendant toute une semaine, des émissions de télévision, des articles dans la presse écrite (Le Figaro), s’étaient demandés s’il fallait prononcer le nom de Jeffrey Epstein avec la terminaison en «  aïne  » ou en «  ine  » (ils semblaient tous découvrir que les noms propres ne se prononcent pas de la même manière aux États-Unis et en France). Jean-Luc Mélenchon a ironisé pendant une minute ou deux lors d’un meeting sur ces discussions à propos de la prononciation qui occupaient plus les journalistes que le fond de l’affaire. Dès le lendemain, on entendit monter, de tous côtés, des criailleries  : “Il fait rire sur la prononciation des noms juifs ! Il est antisémite !” Mais non ! Il se moquait des journalistes qui avaient consacré plus d’importance à la prononciation d’un nom qu’à l’affaire elle-même. Personne ne peut sérieusement penser que Jean-Luc Mélenchon ou les responsables de la France insoumise sont antisémites. Toute leur histoire et tous leurs engagements passés et présents sont là pour démentir cette abjecte calomnie.

LUNDI

17012023
La naissance de l’art selon Robert Filliou
Quelques déclinaisons de cet anniversaire
Peu de temps après, au cours d’un autre meeting, lisant ses notes avec quelque difficulté - il a l’air bien fatigué ce soir-là -, il bute sur plusieurs noms propres…, se reprend chaque fois aussitôt… mais voilà  : l’un de ces noms est juif… et donc s’il écorche ce nom (parmi d’autres)… c’est, bien sûr, encore une fois la «  preuve  » qu’il est «  antisémite  ». Cette accusation ridicule n’est pas neuve  : on ne l’a que trop entendue ces derniers temps contre Jean-Luc Mélenchon, contre les responsables de la France insoumise et contre tous ceux qui ont exprimé haut et fort leur indignation horrifiée devant le génocide en cours à Gaza et le nettoyage ethnique qui se poursuit depuis tant d’années en Cisjordanie (que ce soit Pedro Sanchez, Francesca Albanese, et tant d’autres encore… ).


MARDI

Banc D’essai 2011-2019

La fabrique du mensonge

Cette diffamation a évidemment été lancée par les ennemis et les adversaires politiques de la France insoumise (la droite, les macronistes, les socialistes…) qui ont trouvé là, sans trop s’embarrasser de scrupules, le moyen d’essayer de discréditer un homme et une force politiques qui menacent leur pouvoir, leurs positions et leurs rentes de situation. La droite parce qu’elle déteste la gauche, les macronistes pour sauver leur politique de droite, les socialistes pour tenter de retrouver leur hégémonie à gauche. Pour ces derniers, ce qui se joue là, c’est l’espoir de restaurer leur leadership à gauche, profondément malmené au cours des dernières années et, plus profondément, de continuer d’imposer leur définition même de la gauche, que tant d’électeurs de gauche refusent désormais.

MERCREDI

MICHEL BULTEAU 27 MARS 1997 AU théâtre du rond-point, Dans un monde sonore

Mais on a vu également entrer en action tout le champ médiatique pour répéter en boucle les mêmes attaques - déguisées en simples constatations factuelles. Les procédés sont au bien au point  : on construit un pur artefact à partir d’une information fabriquée, truquée. Puis on commente à l’infini ce qui est présenté comme un «  fait  », pour donner l’apparence d’une vérité objective à ce mensonge. La machine infernale est en en marche  : on somme toute personne invitée et interviewée (les responsables politiques, mais aussi jusqu’à un cinéaste venu présenter son dernier film…) de donner son avis et, bien sûr, si possible, de condamner sans réserves, sous peine de devenir elle aussi l’objet du soupçon. Ensuite, les journaux invitent des chercheurs, des historiens à disserter sur la place qu’occupent les noms juifs dans la tradition rhétorique de l’antisémitisme. Et après avoir sollicité ces tribunes et organisé ces entretiens, les médias qui les ont publiés s’y réfèrent, sur un ton de grande objectivité, en citant “tel historien qui a bien rappelé que”, etc.

JEUDI

Traités et accords

Trop beau pour être commenté.

La construction artéfactuelle est devenue un «  fait  » avéré, on peut la mentionner tous les jours comme si c’était une réalité incontestable, et même finir par s’étonner que la France insoumise obtienne d’excellents scores malgré ces propos aux «  relents antisémites  » (sans guillemets dans les articles). Et la boucle est bouclée. Ils évoquent des «  polémiques  », alors qu’ils les ont eux-mêmes créées et diffusées. Les médias jettent à jet continu dans l’espace public des accusations, puis viennent dire  : «  Il y a eu des accusations  » et ils commentent alors ces accusations comme si ce n’était pas eux qui les avaient d’abord produites, entretenues, rabâchées,…

VENDREDI
Déclinaison 2
ce qui veut dire qu’il y en a eu une autre, une 1.
En général, c’est un enregistrement d’un flux de la webradio 49.3
Ça commence avec Mickael Rissùman, Claude Nougaro, Art ensemble of Chicago...

SAMEDI

light-of-day-day-of-darkness_green-carnation
du metal norvegien

Le journalisme de la meute

Ce sont des opérations politiques grossières. Qui se déploient comme des effets de champ, où tout le monde dit la même chose avec les mêmes mots, et les mêmes intentions. Car ce qui frappe, en effet, c’est l’étonnante homogénéité du champ journalistique dès lors qu’il est question de la France insoumise et de la gauche de gauche. Les journalistes, toutes catégories confondues - présentateurs, commentateurs, éditorialistes…-, à la télévision, à la radio, dans la presse écrite, sont très nombreux à être très hostiles à la France insoumise. On peut même dire qu’ils le sont quasiment tous. Et la plupart du temps, ils n’hésitent pas à exprimer leur hostilité de manière militante, véhémente. Tandis qu’on ne peut jamais lire ou entendre des journalistes qui seraient favorables à la France insoumise ou qui, au moins, afficheraient une certaine neutralité bienveillante ou simplement une neutralité tout court. Il y a peut-être deux ou trois exceptions, on les compte sur les doigts d’une main.

DIMANCHE
Nioques revue de poésie, mais je ne me rappelle plus quel numéro.

Il est difficile de ne pas se souvenir de cette séquence du film de Nanni Moretti, Aprile, où l’on voit le cinéaste coller les journaux les uns aux autres pour montrer qu’il s’agit d’un seul et unique journal  : ce ne sont pas des journaux différents, mais «  Le Journal  ». Il faudrait y ajouter les stations de radio et les chaînes de télévision pour compléter le tableau.

D’ailleurs, on pourrait aller plus loin et dire que l’on n’a pas non plus affaire à des journalistes différents, mais à un.e seul.e journaliste, tant ils sont identiques, interchangeables, d’un organe de presse à l’autre. Rappelons que c’est un journaliste d’un quotidien national et une journaliste d’un autre quotidien, tous deux chargés dans leurs journaux respectifs de suivre les activités de la France insoumise, qui se sont alliés pour écrire un lamentable pamphlet contre ce parti — un ramassis de ragots, chaque fois démentis par les personnes concernées — , vendu comme une «  enquête  » et promu de manière ahurissante à longueur de colonnes et d’émissions, pendant des semaines, par l’ensemble des médias, d’un bout à l’autre de l’espace politique, coalisés dans leur détestation de la gauche radicale. Quelle conception de la politique ont tous ces gens ! La pensée, la réflexion, les programmes n’y ont plus aucune place  : il ne reste que les conflits et les rivalités entre personnes.

On peut imaginer, sans avoir à perdre du temps à les lire, ce que doivent être le contenu et la teneur des articles de ces journalistes militants radicalisés. Ajoutons que ces journalistes politiques sont tellement interchangeables qu’ils peuvent passer sans aucun problème d’un organe de presse à un autre  : un journaliste d’un hebdomadaire de droite — très à droite — peut aller poursuivre sa carrière dans un grand quotidien qui se définit comme centriste, une journaliste d’un quotidien de gauche — certes pas très à gauche — peut aller diriger un hebdomadaire qui n’est pas loin d’être d’extrême-droite… etc.

Ces gens vivent dans un monde commun, pas seulement physiquement — ils se côtoient, se fréquentent —, mais aussi socialement, professionnellement, mentalement. C’est un microcosme fermé sur lui-même. Pour être journaliste, il faut être reconnu comme tel par les autres journalistes, et il est nécessaire pour cela de répondre et de correspondre aux attentes et aux exigences du champ. Le droit d’entrée dans ce milieu, c’est de montrer qu’on est comme les autres, sous peine d’être marginalisé, ou brutalement exclu.

Cela apparaît de manière presque caricaturale lorsque quelqu’un ose critiquer le journalisme  : le corporatisme transpolitique s’indigne contre une telle «  atteinte à la démocratie  », et l’on y verra même bien sûr… des “relents d’antisémitisme” puisque si quelqu’un s’en prend à la presse, c’est qu’il veut en réalité s’en prendre… aux Juifs (je n’invente rien  ! je me réfère à des exemples précis dont je pourrais fournir les références !).

C’est ce genre de procès qu’eut à subir Pierre Bourdieu quand il entreprit d’analyser, dans Sur la télévision, paru en 1996 (Liber/Raisons d’agir), l’emprise grandissante des médias sur la vie culturelle et politique. Ce petit livre de 100 pages suscita des tombereaux d’insultes, aussi bien dans la presse de gauche que dans celle de droite et celle du centre, dans les émissions des télévisions les plus vulgaires ou dans les journaux qui aiment à se revendiquer du sérieux et de l’impeccabilité éthique. Pour montrer qu’on était vraiment un.e journaliste digne de ce nom, il fallait à ce moment-là s’insurger contre ce qui apparaissait comme une offense faite à toute une corporation et contre celui qui avait commis cet irrémissible péché. Le journalisme est la seule profession, avec la police, qu’on n’a pas le droit de critiquer. Pas même d’en retracer l’histoire et les transformations, d’en analyser les mécanismes de fonctionnement, d’en décrire les réalités structurelles ni d’en décortiquer les discours de justification et l’’idéologie professionnelle qui tendent à les masquer.
La mécanique du consensus, de l’exclusion et de la fermeture

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